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Dans un petit village de Corse, la vie d'Hélène, effacée et discrète, est faite de jours qui s'enchaînent et se ressemblent...
Elle travaille comme femme de chambre dans un hôtel et semble apparemment heureuse avec son mari, Ange, et sa fille de quinze ans, Lisa.
Sa vie modeste et monotone paraît toute tracée...
Tout bascule le jour où, faisant le ménage d'une des chambres de l'hôtel, elle surprend, fascinée, un jeune couple d'américains très séduisants, qui jouent aux échecs sur une des terrasses.
Tout d'abord intriguée, puis finalement passionnée par ce jeu, Hélène mettra tout en oeuvre, avec obstination, pour maîtriser les règles des échecs jusqu'à l'excellence. Elle pourra compter sur l'aide du Docteur Kröger, un mystérieux habitant du village, pour arriver à ses fins. Mais cette métamorphose positive vers une nouvelle liberté pour Hélène, ne se fera pas sans modifier profondément ses relations avec sa famille, ses amis et les habitants du village.
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CAROLINE BOTTARO
Caroline Bottaro est née le 10 Octobre 1969 à Bielefeld (Allemagne).
De nationalité Allemande et Italienne, elle vit à Paris.JOUEUSE est son premier film de long métrage.
En 1995, elle a réalisé un court métrage intitulé LA MÈRE, avec Nathalie Baye dans le rôle principal.
Elle est l'auteur de plusieurs scénarios de films réalisés par Jean-Pierre Améris : LE BATEAU DE MARIAGE (1993), LES AVEUX DE L'INNOCENT (1996), LA FILLE PRÉFÉRÉE (2000) et C'EST LA VIE (2001).
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Entretien avec Caroline Bottaro et Sandrine Bonnaire
Votre film est librement inspiré du roman de Bertina Henrichs, «La Joueuse d'échecs», comment avez-vous découvert ce livre ?Caroline Bottaro _ Bertina Henrichs était ma voisine de palier. Elle m'a proposé de lire le manuscrit de son premier roman alors qu'elle venait de finir d'écrire. J'étais sa première lectrice et elle sollicitait mon avis avant de contacter une maison d'édition. Dès la dixième page, j'ai été profondément convaincue qu'il y avait dans son texte, outre des personnages très attachants, à coup sûr un sujet passionnant pour le cinéma.
Quels sont les éléments qui ont motivé votre désir d'en faire une adaptation à l'écran ?
Caroline Bottaro _ Le personnage féminin, sa métamorphose à travers la découverte d'une passion, le microcosme dans lequel ce personnage évolue : un petit village, une île. Au fur et à mesure des versions du scénario, l'histoire s'est transformée. Dans le roman par exemple, Hélène n'est pas une expatriée, elle est native d'une île grecque, et le docteur Kröger un vieil instituteur, homosexuel non assumé. Malgré de nombreuses différences, j'espère que le film reste profondément fidèle au roman, et je suis heureuse d'entendre Bertina Henrichs dire aujourd'hui qu'elle se retrouve dans le film autant qu'elle m'y reconnaît aussi.
Sandrine, vous avez soutenu ce projet depuis l'écriture du scénario, pourquoi ce coup de coeur ?
Sandrine Bonnaire _ Il y a au départ ma relation d'amitié avec Caroline qui a co-écrit C'EST LA VIE de Jean-Pierre Améris. Caroline m'a fait lire une vingtaine de pages qui m'ont vraiment plu. Je l'ai encouragée à poursuivre et j'ai suivi toutes les étapes du projet. Cette histoire, simple en apparence, me plaît parce qu'elle raconte une vérité sur la vie : quelle que soit son origine sociale ou son niveau d'éducation, on peut changer son propre destin. Si on décide de mener à bien une passion, tout est possible. J'aime cette réplique qui résume le thème du film : «Quand on prend des risques, on peut perdre, mais quand on n'en prend pas, on perd toujours».
Hélène se découvre brusquement une passion dévorante pour un jeu qui lui est tout à fait étranger, les échecs. Une passion qui va chambouler son quotidien !
Caroline Bottaro _ Au départ, Hélène ne se pose pas trop de questions sur son quotidien de femme mariée. J'aimais l'idée qu'elle ne soit pas une Madame Bovary qui rêve d'une autre vie. En voyant la sensualité qui émane de ce couple d'américains qui dispute une partie sur la terrasse de l'hôtel où elle travaille, elle se prend de passion pour le jeu d'échecs, comme si un homme lui faisait perdre la tête. Pourquoi ce coup de foudre chez cette femme à ce moment là ?
Comme Montaigne, je dirais simplement, «parce que c'était lui, parce que c'était moi».
Sandrine Bonnaire _ Hélène n'est pas une femme malheureuse, ni une femme soumise, elle a choisi de suivre son mari pour vivre sur cette île. Il a fallu pendant un moment qu'elle prenne ses marques dans ce nouvel environnement où elle ne connaissait personne, mais elle a fait ce choix par amour. Puis avec le temps, son quotidien est devenu un peu insipide. À l'instant où elle découvre ce couple se prélassant en jouant aux échecs sous le soleil, elle est surprise, et le coup de foudre se déclare aussitôt avec son attirance pour cet homme et cette jeune femme qui ont l'air de tellement s'aimer. Elle est sensible à leur façon de prendre du temps, de savourer leur bonheur d'être ensemble. Le déclic ne se fait pas sur la partie d'échecs, mais sur la douceur intime qui émane de ce couple. Depuis la chambre, elle les observe d'abord, puis ses yeux glissent sur l'échiquier. D'ailleurs le film parle plus de sensualité ou d'amour que de jeux d'échecs...
Ce moment de cristallisation sur cette image idéalisée, c'est aussi un plaisir de cinéma, d'être fascinée par une image.
Caroline Bottaro _ Oui, le regard d'Hélène sur ces amoureux jouant aux échecs sur la terrasse est délibérément subjectif, j'ai voulu que cette vision soit une image idéalisée. C'est le moment déclencheur de tout le parcours d'Hélène qui, en plus d'aspirer à la sensualité qu'elle perçoit chez le couple, va s'identifier à cette femme, en apparence si différente d'elle : elle la revoit en rêve, «endosse» littéralement sa combinaison en soie et, comme elle, retient ses cheveux en un vague chignon. Ce qui fascine Hélène chez cette américaine, c'est qu'elle batte son amant aux échecs. La première «gagnante» du film, c'est elle !
Comment est venue la belle idée de choisir Jennifer Beals pour le rôle de cette jeune femme américaine ?
Caroline Bottaro _ Hélène est, comme moi, de la génération qui a vu FLASHDANCE à l'adolescence. Et si c'était la vraie Jennifer Beals qu'Hélène reconnaissait, jouant aux échecs ce jour-là ? Cette éventualité m'amusait ! D'autant qu'il y a des points communs entre le parcours d'Hélène et celui de cette jeune métallurgiste qui devient danseuse qu'incarnait Jennifer Beals dans FLASHDANCE.
Hélène est attachante par son insoumission et sa détermination à vouloir transformer sa vie. Qu'est-ce qui lui donne cette force ?
Caroline Bottaro _ Du moment où elle commence à jouer aux échecs, plus rien ne compte plus pour Hélène que le besoin d'apprendre, de se perfectionner, de satisfaire sa passion. Elle ne se pose pas de question, elle y va ! C'est sa force.
C'est du même ordre, ou du même désordre, qu'une passion amoureuse !
Sandrine Bonnaire _ Absolument. Une passion est souvent déraisonnable ! Hélène vit dans une bulle et soudain, elle découvre un univers totalement différent de celui qu'elle partageait avec son mari. Ce qui fout en rage son mari, il comprend qu'elle ne désire pas le quitter mais que, désormais dans leur couple, ils sont trois : elle, sa passion et lui.
Le jeu d'échecs autorise de nombreuses métaphores. Dans le jeu comme dans la vie d'Hélène, un mouvement en entraîne un autre.
Caroline Bottaro _ C'est une jolie formule. Mais ces parallèles sont des coïncidences heureuses, car je dois avouer que je ne connaissais et ne connais toujours pas grand chose aux stratégies du jeu d'échecs !
Pour préparer le tournage, j'ai consulté la Fédération Française des Échecs, j'ai assisté à des tournois et rencontré de nombreux joueurs, et toutes les parties que l'on voit dans le film sont évidemment conçues spécialement par des joueurs chevronnés. Mais, ce sont les aspects concrets du jeu qui m'intéressaient le plus : les regards, les petits gestes, les silences, les attitudes. On parle d'état de guerre, deux armées s'affrontent. La tension intime qu'il y a entre deux joueurs est palpable : pour Hélène, cette tension, qu'elle perçoit chez le couple d'américains, déclenche l'envie de jouer... pour Ange, son mari, cette tension est insupportable : après avoir vu Hélène jouer avec Kröger, il lui dit «pour moi c'est pire que si tu me trompais !».
Sa femme s'est aventurée dans un monde dont il se sent exclu, sur lequel il n'a pas de prise.
Une des qualités du film est d'arriver à captiver les spectateurs qui ignorent tout de la stratégie des échecs. On se laisse prendre au jeu !
Sandrine Bonnaire _ Oui, c'est un film très tendu, très prenant. On est tenu en haleine justement par l'acharnement de cette femme, par sa volonté à apprendre et à gagner la partie. C'est aussi un défi vis-à-vis d'elle-même. Elle se dit «j'y arriverai coûte que coûte». De toute façon Hélène a du tempérament, on le voit dès le départ quand elle ose demander une augmentation au Docteur Kröger chez qui elle fait le ménage.
Caroline Bottaro _ J'ai été très touchée lorsque l'on m'a dit à la sortie d'une projection «on est pris par cette histoire comme si c'était un film d'action». J'ai, en effet, travaillé pour qu'il s'y passe tout le temps quelque chose, même si je tenais à ce qu'il n'y ait ni d'effets ni de rebondissements spectaculaires. Hélène avance imperceptiblement, et à force de surmonter tous ces nombreux petits obstacles, elle finit
par avoir fait un grand bond en avant !
Hélène découvre un jeu où la seule figure féminine, la dame, est une pièce redoutable par excellence, la plus puissante de l'échiquier. Hélène est à l'image de cette pièce.
Caroline Bottaro _ Ce n'est pas un film féministe pour autant ! Ni un film contre les hommes. C'est le point de vue d'une femme, qui donne à voir que tout individu n'est pas prédestiné. Ce n'est pas parce que depuis des années elle a fait des ménages, que sa vie se réduit à ça et qu'elle est terminée. Grâce à sa passion, cette femme d'origine modeste parvient à franchir toutes les barrières, individuelles et sociales. Se trouver soi-même, c'est au-delà d'une fonction ou d'une identité sociale.
Vous ne faites pas un portrait à charge du mari, il a ses bons côtés, on le verra devenir tendre, et se reprocher de ne pas avoir encouragé sa femme.
Caroline Bottaro _ Je n'aime pas la vision d'un monde binaire où tout est tout blanc ou tout noir, je tenais à ce que tous les personnages soient complexes et le récit nuancé.
Le côté insulaire favorise encore aujourd'hui un certain conservatisme des traditions, comme le machisme.
Caroline Bottaro _ Oui, je voulais discrètement le laisser paraître dans le film, de même que si l'on vient d'ailleurs, on est plus ou moins accepté, mais de toute façon on reste à vie un étranger. Le fait qu'ils soient tous les deux isolés rapproche Hélène de Kröger. Ce sont deux petites îles de solitude qui se rencontrent sur une île.
La fille d'Hélène, une adolescente d'une quinzaine d'années se sent elle aussi «isolée» du fait de la condition sociale de sa mère.
Sandrine Bonnaire _ Oui la gamine a un complexe d'infériorité, elle n'ose pas dire à son petit copain élevé dans une famille bourgeoise que sa mère est femme de ménage. Encore une fois, comme dit Caroline, il est très difficile de faire bouger les mentalités. Mais Hélène assume bien sa condition, elle ne se sent pas déshonorée à faire des ménages. C'est son boulot et à côté, elle a sa passion.
Elle a conscience que la parenthèse qu'elle s'autorise est en train de déstabiliser sa famille, et peut-être de casser son couple, mais elle n'est pas culpabilisée. Jusqu'à présent, elle a tout fait en fonction de son ménage, elle a élevé sa fille, veillé sur son mari... Finalement ce changement va faire du bien à tout le monde ! Très vite sa fille l'encourage à retourner jouer aux échecs auprès de Kröger, parce qu'elle-même a évolué, grâce à la lecture de Martin Eden.
Caroline Bottaro _ La scène de la danse orientale montre que la mère et la fille sont parvenues à se rapprocher et à se comprendre au sein de leur évolution individuelle. La fille prend conscience que sa mère n'est pas qu'une femme de ménage, cette danse dévoile quelque chose sur son passé. À l'adolescence, on veut être comme tout le monde. C'est normal que cette fille prenne le contrepoint de sa mère qui finalement est en train de se révéler être une personnalité avec une individualité affirmée.
Il y a aussi le début d'une belle histoire entre Hélène et Kröger.
Il y a entre eux une attirance qui dépasse le simple plaisir de se mesurer aux échecs. Comment souhaitiez-vous mettre en place cette relation ?
Caroline Bottaro _ Il fallait qu'il y ait une vraie connivence. Ce qui se passe entre eux est au-delà de leur différence d'âge, de leur différence sociale, au-delà de cette situation de maître et d'employé.
Sandrine Bonnaire _ Il y a un symbolisme intéressant dans leur relation, concrétisé par la présence de l'échiquier qui marque une frontière sociale entre le maître et la servante, entre le mentor et l'élève. Entre l'homme et la femme aussi car la largeur étroite d'un échiquier favorise un rapprochement intime chez ce couple de joueurs.
Caroline Bottaro _ Kröger est d'abord intrigué, puis touché, et enfin carrément séduit par cette femme de ménage dont, au départ, il connaît à peine le prénom, et qui a l'audace de lui demander de lui apprendre à jouer. C'est elle qui l'intéresse, les échecs sont secondaires pour lui, d'ailleurs il y a bien longtemps qu'il a remisé son échiquier.
Sandrine Bonnaire _ Hélène se sentant regardée a envie d'être de plus en plus jolie. Le regard de cet homme lui donne de l'importance, et donc confiance en elle. Elle s'épanouit. Sur la passion du jeu se greffe l'attirance de l'un pour l'autre. Leur manière de se parler devient stratégique, comme un déplacement de pion sur l'échiquier...
Caroline Bottaro _ Quand Kröger lui dit «tu ne m'as pas manqué, mais je suis content que tu sois là», à l'évidence Hélène a pigé son jeu, et elle lui répond, «vous non plus». Ils sont à égalité à ce moment-là. Tous les deux connaissent les règles du jeu. Tous les deux savent manoeuvrer pour ne pas être découverts, pour ne pas être battus par une pièce de l'adversaire, sur l'échiquier... et sur l'échiquier amoureux. Cette alchimie que j'ai voulue entre Hélène et Kröger à l'écriture a été sublimée sur le tournage par la magie des acteurs. Dès la première scène entre eux, quand elle lui demande son augmentation, le regard de Sandrine est d'une puissance tellement extraordinaire, qu'on sent, à ce moment-là déjà, qu'elle est plus forte que lui, qu'il va lui céder sur tout et qu'elle finira par le battre aux échecs ! Je n'avais pas prévu ce regard, ça a été une surprise, un cadeau... Il y en a eu beaucoup.
Comme lors de cette partie à l'aveugle entre eux, une des plus belles séquences du film. Une partie fantasmée, où le langage du jeu remplace les mots d'amour, n'est-ce pas ?
Sandrine Bonnaire _ Oui, là, à travers un déplacement mental des pions, ils voudraient s'autoriser à se dire qu'ils s'aiment, mais...
Pour moi, Hélène commence à dévoiler un peu ses sentiments, pas ouvertement comme le ferait la dame, avec la liberté d'aller droit au but sur l'échiquier, mais indirectement, comme le fou, de biais, en diagonale. Alors qu'elle a toujours été à avancer droit au but pour réaliser sa passion, là il y a un empêchement à dire ses sentiments.
Caroline Bottaro _ Ce qui se passe entre eux à ce moment-là est de l'ordre du plaisir, du désir sublimé. J'ai longtemps cherché un accomplissement à leur relation et je sentais qu'il devait forcément être lié à leur façon de communiquer : les échecs. On ne peut pas imaginer ces deux-là ensemble dans un lit, si Hélène était réduite à une femme adultère, tout s'écroulerait, la singularité et la sensualité de leur relation n'existeraient plus. Le jour où j'ai expérimenté une de ces parties dites «à l'aveugle» (où deux joueurs jouent sans échiquier en disant juste les formules), j'ai ressenti un tel trouble que j'ai compris que ça allait marcher. Pour moi, Hélène et Kröger font l'amour dans cette scène, mais de façon très inédite !
Hélène éprouve à ce moment-là un plaisir sensuel avec Kröger, comme celui qu'elle observait au début du film entre ce couple d'américains.
Caroline Bottaro _ Oui, en effet, cette partie «à l'aveugle» fait écho à la vision du couple d'américains jouant sur la terrasse du début du film. Mais là, Hélène est passée «de l'autre côté du voilage», elle est devenue l'héroïne de sa propre histoire.
Quels étaient vos partis pris de mise en scène pour mettre en images cette histoire ?
Caroline Bottaro _ Je tenais à ce que le film ne soit pas seulement réaliste, que l'on soit tout le temps avec Hélène, dans son quotidien, mais aussi dans sa subjectivité, dans son monde intérieur et ses rêves. Envahie par sa passion, des images inconscientes surgissent, et l'obsèdent. Brusquement elle voit le carrelage de la véranda se transformer en un échiquier géant ! Des rêves cauchemardesques troublent son sommeil, toutes les pièces deviennent noires ! Est-ce qu'elle revoit réellement Jennifer Beals à la fin du film ou est-ce une apparition ? La mise en scène se joue sur des détails infimes, le choix de la transparence d'un voilage pour distinguer à peine le couple des Américains sur la terrasse par exemple. Ou encore, le fait de créer une sorte de silence autour de Kröger en gommant le son de ses pas, en supprimant le tic-tac de l'horloge pour donner à chacune de ses apparitions la sensation que le temps s'arrête avec lui.
Vous donnez en effet une certaine étrangeté au personnage de Kröger.
Caroline Bottaro _ Ma vision du personnage de Kröger s'est précisée au fil des nombreuses versions du scénario. J'ai eu l'idée à un moment qu'il ne sortirait jamais de chez lui et qu'Hélène serait la seule à le voir. J'ai ensuite voulu qu'il surgisse dans chacune de ses scènes de façon un peu inattendue et mystérieuse.
Son décor devait être intemporel et fantomatique. Pour moi, il peut être perçu autant comme un personnage réel que comme un partenaire idéal qu'Hélène se serait inventé. J'avais en référence le fantôme très incarné que joue Rex Harrison dans L'AVENTURE DE MADAME MUIR.
La séquence du tournoi va dans ce sens.
Caroline Bottaro _ Oui, la séquence du tournoi a été un véritable casse-tête à concevoir. Il fallait qu'on puisse croire au fait que Kröger joue chez lui la même partie qu'Hélène au tournoi, qu'il est là, présent avec elle en pensée, et qu'il lui souffle le jeu par communication télépathique ! Grâce à une préparation et à un découpage particulièrement précis, au talent des acteurs et de ma monteuse, Tina Baz, le charme opère et on ne se pose pas la question de la vraisemblance de la situation. C'est une des scènes du film dont je suis la plus fière !
Sandrine, comment souhaitiez-vous approcher ce personnage d'Hélène ? Vous la rendez attachante dès les premières images.
Sandrine Bonnaire _ C'est le travail du Petit Poucet qui avance, caillou après caillou, en jouant sur des petites choses concrètes, des gestes, des émotions infimes, des jeux de regards, des riens. Pour la silhouette du personnage au début, avec Caroline, nous avions envie qu'Hélène porte des vêtements un peu austères, qu'elle ait les cheveux tirés et des chaussures plates, qui impliquent un certain type de démarche. On se disait, cette jeune femme s'oublie un peu dans la routine de son quotidien, donc elle ne prend pas le temps de se regarder dans une glace quand elle remonte ses cheveux... Voilà, des choses aussi simples que ça, qui peuvent sembler des détails, mais qui sont efficaces.
Comment avez-vous pressenti que Sandrine Bonnaire serait l'interprète idéale pour ce personnage ?
Caroline Bottaro _ L'idée de Sandrine est venue avec l'envie de faire le film. Ensuite, on a eu le temps d'apprendre à bien se connaître Sandrine et moi et chaque nouvelle version du scénario a été nourrie par ce que je découvrais d'elle et dont je voulais témoigner. Le projet du film est devenu indissociable de mon envie de faire une sorte de portrait de Sandrine. En plus de leur origine sociale affirmée et assumée, Hélène et Sandrine ont en commun une volonté et une ténacité inébranlables, une grande force de concentration. Hélène s'épanouit grâce aux échecs et au regard de Kröger, le parcours de Sandrine est marqué par des rôles et des rencontres avec des metteurs en scène. Elles sont toutes les deux très féminines, à la fois spontanées et réfléchies, intuitives et cérébrales.
Sandrine Bonnaire _ C'est amusant parce qu'à la sortie de la projection du film, j'ai découvert que cette histoire est un peu le récit de mon destin, vu par quelqu'un qui me connaît bien. Le dernier plan du film, Hélène à la proue d'un bateau est un clin d'oeil volontaire au plan du générique de début de À NOS AMOURS de Pialat. D'une certaine façon, une boucle est bouclée !
Caroline Bottaro _ Un acteur trimballe avec lui un vécu qui, à mon avis, se voit à l'image. Par exemple les tatouages que l'on aperçoit sur les mains de Valérie Lagrange racontent une histoire qui nourrit son personnage. Cette femme directrice d'hôtel pourrait avoir eu une première vie faite de voyages aux Indes dans les années 70, pourquoi pas ?
Le couple Bonnaire - Kline va faire date !
Caroline Bottaro _ On ne peut pas aimer le cinéma, et avoir envie d'en faire, sans aimer aussi le cinéma américain. Quand on envoie un scénario à Kevin Kline et qu'il vous répond quatre jours plus tard qu'il souhaite vous rencontrer au plus vite, on ne réalise pas très bien ce qu'il se passe, mais ça commence à ressembler au bonheur du cinéma ! Kevin Kline est un acteur extrêmement physique, son talent lui permet d'exceller aussi bien au théâtre - il se produit régulièrement pour le New York Shakespeare Festival - que dans des comédies grand public. Ce film représentait pour lui un challenge car il jouait pour la première fois hors des États-Unis, dans une langue qui n'est pas la sienne, et dans un registre inhabituel. Je l'ai dirigé dans le sens d'une grande retenue qui ajoute à son charme et décuple son étrangeté.
Sandrine Bonnaire _ En plus, on avait ensemble à mémoriser les parties d'échecs ! Très vite, on s'est sentis complices, on s'amusait aussi lorsqu'il s'exerçait avec moi à trouver le rythme, la respiration de ses répliques, à ne pas faire un sort à la prononciation d'un mot pour ne pas en changer le sens. Pendant les prises, Kevin osait de petites improvisations, une façon singulière de faire un geste, et moi, je rebondissais, je rentrais dans sa musique avec un vrai plaisir. Caroline nous autorise une certaine liberté de jeu car elle sait précisément ce qu'elle attend des acteurs. Elle essaye de mettre tous les moyens au service de ce qui se passe dans la scène. Elle cherche aussi à trouver la cohérence entre la personnalité de l'acteur et le personnage qu'il interprète. Ça donne des castings originaux, le choix de Valérie Lagrange en est un exemple.
Francis Renaud s'impose de plus en plus.
Caroline Bottaro _ Francis m'émeut énormément en tant qu'homme et en tant qu'acteur. Il a beaucoup de choses en commun avec Sandrine : ils pourraient être frère et soeur dans une autre histoire. Quand un homme et une femme vivent ensemble depuis longtemps, ils finissent par se ressembler un peu, et il y a de ça dans le couple Ange et Hélène.
Francis ne joue pas simplement le bon gars un peu largué. Même si on voit foncièrement que c'est une boule de tendresse, il laisse aussi transparaître une tension qui apporte beaucoup au personnage. On
se dit, et si ça allait déraper entre eux ?
Pourquoi l'idée de Nicola Piovani pour la musique ?
Caroline Bottaro _ Nicola Piovani fait partie des belles rencontres du film. J'aime sa musique depuis que je connais les films de Nanni Moretti, il a aimé mon scénario et il a une grande admiration pour Sandrine. Il a compris que je voulais une musique qui soit un personnage à part entière du film. Ses mélodies, à la fois graves et légères, correspondent parfaitement à mon parti pris de dire les choses sans en avoir l'air.
JOUEUSE est un des premiers films produits par Dominique Besnehard et Michel Feller, comment ont-ils accompagné ce projet ?
Caroline Bottaro _ Très bien ! Dominique Besnehard et Michel Feller m'ont permis de réaliser mon rêve en grand. Ils ont été à la fois présents et très respectueux du film que je voulais faire. Mais, avant d'atterrir chez Monvoisin productions mon projet a connu les reliefs des montagnes Russes. Tout ne m'est pas tombé tout cuit dans le bec, cinq ans se sont écoulés, plusieurs producteurs se sont désistés, qui n'étaient, à l'évidence, pas les bonnes personnes. J'ai su que j'allais enfin faire ce film, le jour où Dominique Besnehard, qui avait été mon agent m'a dit «on se connaît depuis vingt ans, Sandrine restera toujours ma petite soeur de cinéma. C'est ton premier film, c'est ma première production, alors allons-y !».
Sandrine Bonnaire _ C'est beau les premières fois !
Propos recueillis par Gaillac-Morgue -
Entretien avec Kevin Kline
Quelle a été votre première réaction en découvrant le scénario de JOUEUSE ?Lorsque j'ai reçu la version anglaise du scénario, je l'ai lue d'une seule traite. C'est un grand signe pour moi... C'est rare ! C'était une lecture très agréable... J'ai immédiatement été séduit par l'histoire et les personnages. Je savais également que Sandrine Bonnaire allait jouer le rôle principal. C'est une actrice formidable que j'admire depuis longtemps. C'était un honneur pour moi de jouer avec elle.
De plus, j'apprécie particulièrement les histoires d'amour qui ne suivent pas les schémas conventionnels et classiques. On a déjà traité d'innombrables approches des relations amoureuses, mais je n'avais jamais lu un scénario où une liaison s'éveille à travers l'apprentissage du jeu d'échecs ! Il y a quelque chose d'unique qui m'a tout de suite attiré dans le parcours de cette femme qui sent qu'il manque quelque chose d'important dans sa vie. C'est sa recherche, sa quête, les prémisses de son épanouissement et la découverte d'un véritable don qui vont servir de moteur pour la révéler à elle-même... J'ai toujours été attiré par les gens qui forcent leur destin, j'admire les personnes qui ne font pas qu'accepter simplement la vie qui leur est offerte, ceux qui sont plus exigeants, qui veulent aller plus loin pour atteindre quelque chose d'autre...
JOUEUSE est un film qui s'inscrit dans cet épanouissement, et non dans la frustration.
Comment avez-vous rencontré Caroline Bottaro ?
Mon agent français, Laurent Savry, m'avait envoyé le scénario. Après l'avoir lu, j'ai souhaité la rencontrer. J'étais intéressé par l'idée de jouer en français. Je n'avais jamais joué dans une langue étrangère auparavant.
Sandrine Bonnaire venait à New York quelques semaines plus tard, puis Caroline Bottaro, accompagnée de Dominique Besnehard. Nous nous sommes donc rencontrés, nous avons d'ailleurs passé une soirée très agréable... Mais au fond de moi, j'avais déjà pris ma décision.
Quelle a été votre première impression en rencontrant Caroline Bottaro ?
On a tout de suite trouvé un très bon mode de communication en mélangeant le français et l'anglais et j'ai découvert une personne intelligente, volontaire, compétente, concrète et pleine d'esprit. Lorsqu'on a parlé du scénario et évoqué ses méthodes de travail, on était immédiatement sur la même longueur d'onde. J'avais déjà une première impression forte à la lecture du scénario, j'ai donc eu rapidement envie de me lancer dans cette aventure.
C'est son premier long métrage, quelles ont été vos relations pendant le tournage ?
J'ai travaillé avec de nombreux réalisateurs à travers le monde : Américains, Roumains, Taiwanais, Français, Allemands, Anglais... Et je dois dire que j'ai une préférence pour les metteurs en scène qui considèrent notre relation professionnelle comme une collaboration. Chacun a son propre style bien sûr... Caroline sait ce qu'elle veut, elle avait déjà une vision précise de son projet, mais en même temps, elle n'était pas fermée. Son approche créative a évolué en parallèle à la réalisation du film. Elle est restée ouverte à nos interprétations instinctives et aux surprises qui émanent naturellement du jeu des acteurs. Je pense qu'il faut laisser cette place aux imprévus, à certaines formes d'impulsions inconscientes, à tout ce qui échappe au contrôle. Moi, j'aime chercher par moi-même, expérimenter diverses approches, répéter ! J'ai fait 10 ans de théâtre avant de commencer à jouer au cinéma, ça vient sans doute de là ! Parfois, j'aime également ne pas préparer du tout, cela dépend des projets ! Je pense qu'il n'y a jamais une seule façon de travailler ou d'interpréter un rôle... Dès notre première rencontre à New York, j'ai su que Caroline avait cette ouverture d'esprit. Cela s'est donc très bien passé entre nous.
C'est la première fois que vous jouez avec Sandrine Bonnaire, dans quels films l'aviez-vous remarquée ? Que pensez-vous d'elle en tant qu'actrice ?
J'avais vu ses formidables interprétations dans MONSIEUR HIRE de Patrice Leconte, dans LA CÉRÉMONIE de Claude Chabrol, SANS TOIT NI LOI d'Agnès Varda, À NOS AMOURS de Maurice Pialat, ou encore SOUS LE SOLEIL DE SATAN, de Maurice Pialat... et plus récemment dans CONFIDENCES TROP INTIMES, de Patrice Leconte. J'ai adoré ce film ! C'est une autre histoire d'amour très originale, superbe ! J'aime l'intensité que Sandrine dégage, sa simplicité, sa franchise, sa délicatesse et son mystère aussi... C'est une actrice merveilleuse ! Je l'ai toujours trouvée extraordinaire !
Quelles ont été vos relations sur le tournage ?
Vraiment très bonnes ! Elle a été très patiente avec moi et m'a beaucoup aidé. Nous nous sommes bien amusés ! Travailler avec Sandrine a été un vrai bonheur, elle est magnifique et nous avons beaucoup ri !
Comment décririez-vous votre personnage du docteur Kröger ?
Ma description de Kröger est forcément très subjective... Je peux vous dire qui il est à mes yeux, mais ça ne serait qu'une approche personnelle et je préfère que les spectateurs puissent faire leur propre interprétation plutôt qu'écouter des explications ennuyeuses... Disons que ma première impression a été de voir Kröger comme un homme mécontent, un misanthrope, un reclus. Il a mis le reste du monde à l'écart pour trouver une forme de «havre de paix». Il a refermé de nombreuses portes derrière lui et là, il laisse quelqu'un s'approcher de nouveau, il est touché... Le film ne nous dit pas exactement ce que ce docteur américain à la retraite fait en Corse, on ne sait pas grand-chose de son passé, un certain mystère est préservé... Kröger est un homme secret. Il peut également être arrogant et semble en plus se foutre complètement de ce qu'en pensent les autres ! Ce qui rend d'ailleurs le rôle très agréable à jouer ! Un personnage comme Kröger a quelque chose de libérateur, c'est un véritable cadeau pour un acteur !
Pensez-vous avoir des points communs avec Kröger et comment avez-vous «rencontré» votre personnage ?
Je ne préfère pas évoquer nos points communs, à l'exception du fait que nos noms commencent tous deux par K ! Nous aimons également tous les deux enseigner, et nous enrichir de cet enseignement. Docendo discimus* comme il se disait dans la Rome ancienne...
Ma façon de faire commence effectivement par une «rencontre» de mon personnage à la lecture du scénario, et ça, c'est comme un «schéma directeur». Ensuite, je me l'approprie davantage au fur et à mesure du tournage, je le découvre de mieux en mieux à chaque scène, à chaque instant. C'est d'ailleurs en portant ces différents «masques» qu'un acteur se découvre toujours un peu plus... (* Docendo discimus : «Par l'enseignement, nous apprenons».)
C'est la première fois que vous interprétez un rôle entièrement en français, comment vous êtes-vous préparé ?
J'avais dit quelques phrases en français dans FRENCH KISS, de Lawrence Kasdan, dans quelques brèves scènes avec François Cluzet et Jean Reno mais effectivement, je n'avais jamais joué tout un rôle en français et j'ai dû travailler beaucoup.
Plusieurs personnes m'y ont aidé, notamment deux coachs à New York et également mon ami Claudio Todeschini, avec qui j'avais déjà travaillé en France auparavant, qui est resté avec moi pendant tout le tournage.
Pensez-vous que jouer dans une autre langue que votre langue maternelle puisse modifier votre jeu ?
Oui, ça change tout ! Ça change la façon dont on s'exprime et même la façon de penser !
À vos yeux, existe-t-il encore des différences dans la façon d'aborder le travail d'acteur aux États-Unis et en France ?
Pour moi, c'est difficile de décrire une approche française du travail d'acteur, tout simplement car les environnements culturel et linguistique sont différents ! De plus, j'en suis finalement venu à penser que chaque expérience est différente. Peu importe l'école dans laquelle vous avez étudié, avec qui vous avez appris à jouer, si vous venez du théâtre ou du cinéma, si vous êtes qualifié ou naturellement acteur... Pour moi, la notion de jeu est personnelle et elle évolue tout le temps ! Disons qu'on essaie de la redéfinir le plus souvent possible, si ce n'est à chaque fois qu'on joue !
Et puis c'est très différent si l'on interprète Shakespeare, Molière, du contemporain, un film de genre ou un film de Caroline Bottaro ! Ce qui compte, c'est surtout de transformer le mieux possible à l'écran ce qui est écrit sur le script. Mais il est certain que des différences existent : un style, un mode d'expression européen ou français... c'est d'ailleurs un sujet qu'on pourrait développer plus longuement mais finalement, c'est surtout une question d'approche humaine. En fait, je pense que la notion de jeu est tout à fait individuelle.
Saviez-vous jouer aux jeu d'échecs avant le tournage et quel regard portez-vous sur ce jeu aujourd'hui ?
Je jouais un peu oui, mais j'ai vraiment appris pour le tournage du film JOUEUSE car Kröger est très bon aux échecs. J'ai donc eu un autre professeur pour m'entraîner ! En réalité, je n'avais aucune idée avant cette expérience de la réelle complexité de ce jeu. C'est vraiment passionnant !
Après avoir lu de nombreux ouvrages, je pense qu'il y a deux écoles. Ceux qui considèrent les échecs juste comme un divertissement ou un simple jeu, et ceux qui voient le challenge intellectuel. Là, on n'est plus dans une problématique de «qui» gagne, c'est bien plus complexe ! Ça exerce l'intellect et la détermination. Il faut une grande force psychologique à ce niveau, car on ne joue pas uniquement la partie mais surtout l'adversaire ! Une belle combinaison entre cerveau droit et cerveau gauche ! Mais évidemment, ce qui me plaît davantage dans le film, c'est l'aspect métaphorique des échecs... Véritable jeu ou histoire d'amour ?
La notion du dépassement de soi est importante dans le scénario, pensez-vous qu'elle soit une condition sine qua non de l'épanouissement ?
Question intéressante... Dont je ne connais pas la réponse mais j'aime quand Kröger dit : «En prenant un risque, on peut perdre mais en ne prenant aucun risque : on perd toujours !» Il sait qu'il est indispensable de faire cet effort, cette recherche... Pour moi, la notion d'engagement est également très importante. Je pense qu'il est indispensable de s'impliquer pour pouvoir aller vers son épanouissement et trouver une forme de bonheur. Que ce soit dans son travail, dans l'exercice d'un art, par amitié ou même au sein d'un mariage, c'est une question de responsabilité, pour soi et envers la société. Je ne dis pas qu'à titre personnel j'y parviens toujours... Mais en tout cas j'essaie !
Votre rôle a été entièrement tourné en Corse, dans un décor naturel sublime... Vous connaissiez cette région ?
Non, c'était la première fois que j'y allais. Malheureusement, je n'ai pas eu le temps de visiter ni de me balader. Comme Kröger, j'étais «enfermé» ! Beaucoup de travail sur le plateau et le soir à l'hôtel, je répétais mes dialogues pour le lendemain. Le tournage a été intense, mais on a partagé des moments privilégiés. On a tous vécu ensemble dans le même hôtel et il y avait beaucoup de convivialité.
Je trouve d'ailleurs que les Français ont cette approche différente des Américains qui, pour leur part, sont exclusivement guidés par le rythme du travail. En France, la qualité de vie compte davantage. Un verre de vin, un bon dîner : c'est important après de telles journées ! J'ai passé un moment très agréable sur ce film, mais pour découvrir la Corse, je dois revenir... et prévoir un séjour sans tournage !
On vous connaît pour vos interprétations de rôles comiques autant que pour vos rôles dramatiques, avez-vous une préférence de genre ?
Non, j'ai toujours aimé varier... Changer de rôles, de style, tant au théâtre qu'au cinéma : Hamlet, Cyrano, Falstaff, Shakespeare, Chekhov... comédies, tragédies, classique ou contemporain, c'est la diversité qui me plaît !
Seriez-vous heureux de venir retravailler en France ?
Oui vraiment, et ce serait sans doute plus facile aujourd'hui car je parle mieux le français, mais pas encore le corse, désolé !
Propos recueillis par Aude Thiérard à Piana -
SANDRINE BONNAIRE
FILMOGRAPHIE - Actrice
2009
JOUEUSE
Caroline Bottaro
2007
L'EMPREINTE DE L'ANGE
Safy Nebbou
UN COEUR SIMPLE
Marion Laine
2006
DEMANDEZ LA PERMISSION AUX ENFANTS
Eric Civanyan
JE CROIS QUE JE L'AIME
Pierre Jolivet
2004
L'ÉQUIPIER
Philippe Lioret
LE COU DE LA GIRAFE
Safy Nebbou
CONFIDENCES TROP INTIMES
Patrice Leconte
2003
RÉSISTANCE
Todd Komarnicki
2001
C'EST LA VIE
Jean-Pierre Ameris
MADEMOISELLE
Philippe Lioret
1999
AU COEUR DU MENSONGE
Claude Chabrol
EST-OUEST
Régis Wargnier
Nomination pour le César 2000 de la Meilleure Actrice
1998
VOLEUR DE VIE
Yves Angelo
SECRET DÉFENCE
Jacques Rivette
1997
LA DETTE D'AMOUR
Andréas Gruber
1996
NEVER EVER
Charles Finch
1995
LES CENT ET UNE NUITS DE SIMON CINÉMA
Agnès Varda
LA CÉRÉMONIE
Claude Chabrol
Prix d'interprétation 1995 du Festival de Venise, Nomination pour le César 1996 de la Meilleure Actrice
1994
CONFIDENCES À UN INCONNU
Georges Bardawill
JEANNE LA PUCELLE II - LES PRISONS
Jacques Rivette
Nomination pour le César 1995 de la Meilleure Actrice
JEANNE LA PUCELLE I - LES BATAILLES
Jacques Rivette
Nomination pour le César 1995 de la Meilleure Actrice
1992
PRAGUE
Ian Sellar
LA PESTE
Luis Puenzo
1991
LE CIEL DE PARIS
Michel Bena
DANS LA SOIRÉE
Francesca Archibugi
1990
LA CAPTIVE DU DÉSERT
Raymond Depardon
1989
MONSIEUR HIRE
Patrice Leconte
Sélection Officielle Festival de Cannes 1989, Nomination pour le César 1990 de la Meilleure Actrice
1988
QUELQUES JOURS AVEC MOI
Claude Sautet
PEAUX DE VACHES
Patricia Mazuy
1987
LES INNOCENTS
André Techine
JAUNE REVOLVER
Olivier Langlois
SOUS LE SOLEIL DE SATAN
Maurice Pialat
Palme d'Or 1988 du Festival de Cannes, Nomination pour le César 1998 de la Meilleure Actrice
1986
LA PURITAINE
Jacques Doillon
1985
POLICE
Maurice Pialat
LE MEILLEUR DE LA VIE
Renaud Victor
SANS TOIT NI LOI
Agnès Varda
César 1986 de la Meilleure Actrice
1984
TIR À VUE
Marc Angelo
BLANCHE ET MARIE
Jacques Renard
1983
À NOS AMOURS
Maurice Pialat
César 1984 du Meilleur Espoir Féminin
FILMOGRAPHIE - Réalisatrice
2006
ELLE S'APPELLE SABINE
FRANCE 3
Prix de la Télévision de la Critique 2008 - Meilleur Documentaire
Prix du Syndicat de la Critique 2008 - Meilleur Premier Film Français
Prix France Culture Cinéma 2008
Globe de Cristal 2008 du Meilleur Documentaire
Sélection Officielle Quinzaine des Réalisateurs Festival de Cannes 2007
KEVIN KLINE
FILMOGRAPHIE
2009
JOUEUSE
Caroline Bottaro
2008
UN JOUR, PEUT-ÊTRE
Adam Brooks
2007
TRADE
Marco Kreuzpaintner
2006
LA PANTHÈRE ROSE
Shawn Levy
THE LAST SHOW
Robert Altman
2004
DE-LOVELY
Irwin Winkler
2002
ORANGE COUNTY
Jake Kasdan
LE CLUB DES EMPEREURS
Michael Hoffman
2001
THE ANNIVERSARY PARTY
Jennifer Jason Leigh
et Alan CummingLA MAISON SUR L'OCÉAN
Irwin Winkler
2000
LA ROUTE D'ELDORADO
Don Paul (voix)
1999
LE SONGE D'UNE NUIT D'ÉTÉ
Michael Hoffman
WILD WILD WEST
Barry Sonnenfeld
1997
CRÉATURES FÉROCES
Fred Schepisi
ICE STORM
Ang Lee
IN & OUT
Frank Oz
1996
LE BOSSU DE NOTRE-DAME
Gary Trousdale (voix)
1995
FRENCH KISS
Lawrence Kasdan
1993
PRÉSIDENT D'UN JOUR
Ivan Reitman
1992
JEUX D'ADULTES
Alan J. Pakula
CHAPLIN
Richard Attenborough
1991
LA TÉLÉ LAVE PLUS PROPRE
Michael Hoffman
GRAND CANYON
Lawrence Kasdan
1990
JE T'AIME À TE TUER
Lawrence Kasdan
1989
CALENDRIER MEURTRIER
Pat O'Connor
1988
UN POISSON NOMMÉ WANDA
Charles Crichton
Oscar du Meilleur Second Rôle
1987
CRY FREEDOM - LE CRI DE LA LIBERTÉ
Richard Attenborough
1985
SILVERADO
Lawrence Kasdan
1983
LES COPAINS D'ABORD
Lawrence Kasdan
THE PIRATES OF PENZANCE
Wilford Leach
1982
LE CHOIX DE SOPHIE
Alan J. Pakula
-
Equipe Artistique

Hélène Sandrine Bonnaire Kröger Kevin Kline Ange Francis Renaud L’Américaine Jennifer Beals Maria Valérie Lagrange Lisa Alexandra Gentil Natalia Alice Pol Marie-Jeanne Elisabeth Vitali L’Américain Dominic Gould Le Président du club Daniel Martin TechniqueRéalisation Caroline Bottaro D’après le roman de Bertina Henrichs, «La Joueuse d’échecs», Éditions Liana Levi Scénarion, adaptation, dialogues Caroline Bottaro En collaboration avec Caroline Maly Musique originale Nicola Piovani Directeur de la photographie Jean-Claude Larrieu, AFC Décors Emmanuel de Chauvigny Costumes Dorothée Guiraud Assistant réalisateur Julien Zidi Casting Tatiana Vialle Son Erwan Kerzanet, Sélim Azzazi, Emmanuel Croset Montage Tina Baz Le Gal Directeur de production Rémi Bergman Producteur exécutif Jean-Philippe Laroche Coproducteurs Amelie Latscha, Felix Moeller Produit par Dominique Besneard, Michel Feller -
FILMOGRAPHIE DE MON VOISIN PRODUCTIONS
Mon Voisin Productions est une société, créée en juin 2006 par Dominique Besnehard, ancien directeur de casting et agent pendant plus de 20 ans chez Artmedia, et Michel Feller, ancien agent et producteur chez EuropaCorp. En novembre 2007, Anne Derré, issue du monde de l'entreprise, rejoint la société Mon Voisin Productions, en qualité de troisième associé.FILMS PRODUITS
2007 : Coproducteur avec Cinémaginaire (Canada) et Ciné@ de L'ÂGE DES TÉNÈBRES réalisé par Denys Arcand
2008 : Coproducteur avec Epithète du film MUSÉE HAUT, MUSÉE BAS réalisé par Jean-Michel Ribes
JOUEUSE, réalisé par Caroline Bottaro, en coproduction avec BluePrint Film (Allemagne)
L'AMOUR DANS LE SANG, fiction unitaire par Vincent Monnet pour France3FILM EN TOURNAGE
2009 : OÙ VAS-TU JUDITH ? (titre provisoire), réalisé par Sophie de Daruvar et Yves Thomas, avec Isabelle Carré et Sergi LopezFILMS EN DEVELOPPEMENT
AVANT L'AUBE réalisé par Raphaël Jacoulot
LES GRANDS-MÈRES un film de Anne Fontaine, d'après le roman «Grandmothers» écrit par Doris Lessing, Prix Nobel de Littérature
PROVIDENCE un film de Lionel Mougin, d'après le roman de Valérie Tong Cuong


























